Méthodologie de l’épreuve orale de culture générale au concours de conservateur.trice de bibliothèques

Conversation avec le jury

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La conversation avec le jury ressemble par son format à l’épreuve de motivation professionnelle : la plupart des conseils et la méthodologie que nous proposons dans l’article traitant de cette épreuve s’appliquent pour celle-ci également.

Nous profitons néanmoins de cet article qui présente les spécificités de l’épreuve de culture générale pour proposer une méthodologie alternative. Pour choisir celle qui vous convient le mieux, vous pouvez les tester, les fusionner, emprunter des idées à l’une ou l’autre pour compléter votre propre méthodologie… Bref, faites-en quelque chose de personnel !

 

Jury de concours dans son milieu naturel de la Tour de l'Horloge
Jury de concours dans son milieu naturel de la Tour de l'Horloge

Présentation de l'épreuve

Le nom de l’épreuve « conversation avec le jury sur une question de culture générale » est à prendre au sérieux en même temps qu’avec un peu de recul. Reprenons les termes un à un.

 

La culture générale vous en avez, il faut vous en convaincre, du moins vous en avez une version personnelle et vous allez devoir la défendre pendant cet entretien (pardon… cette conversation). Vous pouvez oublier le mot « question », qui est un peu vague, puisque cette épreuve (pardon… cette conversation) consiste à soulever la complexité d’une situation donnée dans un article grâce à un commentaire organisé puis de répondre aux questions qui seront posées par le jury, en lien avec l’article… ou pas.

 

Le terme de « conversation » vous éclaire sur votre posture : vous allez devoir discuter d’un texte que vous n’avez pas choisi et répondre aux questions de neuf personnes que vous ne connaissez pas et qui vont décider de votre sort… MAIS on attend de vous que vous soyez détendu.e, intéressant.e, agréable, et qu’on se dise de vous après votre passage « mais quelle charmante conversation ! ». En fait, on attend que vous sortiez de la position de victime dans laquelle vous placent votre stress, l’enjeu de ce concours, et les conditions de l’épreuve. Une conversation n’est pas un interrogatoire et vous avez les moyens d’en influencer le cours. Ne faites pas passer les membres du jury pour vos bourreaux, au contraire, montrez-leur que vous êtes à l’aise avec eux, que vous partagez le même ethos et que ce texte qu’ils ont choisi pour vous, vous auriez pu le choisir aussi. Soyez vous-même, et soyez le jury aussi, voilà, ça n’est quand même pas très compliqué !

 

Le « jury », voilà le mot qui nourrit le plus de fantasmes et donc sur lequel il est bon d’insister. Le jury est composé de neuf personnes qui reçoivent ensemble les candidats (il ne s’agit pas, comme l’auteure de ces lignes le pensait, trois collèges de trois jurés). Vous avez remarqué que sur la liste donnant la composition du jury pour votre épreuve, ces derniers sont divisés en trois catégories : les élus locaux, les fonctionnaires territoriaux, c’est-à-dire soit des conservateurs soit des administrateurs, et les « personnalités qualifiées » (groupe dont l’auteure serait bien en peine de définir les contours…) disons qualifiées pour parler des bibliothèques, mais pas forcément des bibliothèques territoriales, ils ont le droit de venir de l’Etat, personne n’est parfait.

 

Mettez-vous bien dans la tête que ces gens sont des humains de la vraie vie, qu’ils sont sympas, qu’ils ont peut-être des enfants, un chien et un compte Facebook, en somme qu’ils sont des personnes comme tout le monde ! (Peut-être qu’ils n’ont pas d’enfants ou qu’ils ne sont vraiment pas sympas, c’est un peu comme la vraie vie un jury, on trouve de tout, mais mieux vaut se dire qu’ils sont sympas). Simplement, ils ont la responsabilité de sélectionner un.e collègue parmi les candidat.e.s qui se présentent à eux et selon l’heure à laquelle vous les rencontrez ils et elles sont peut-être fatigué.e.s, voire pire, ils ont faim. Cette responsabilité est lourde, ils en ont conscience, et le mieux consiste à leur faciliter la tâche en se comportant comme tel, un futur collègue. Répétons-le pour s’en convaincre : votre jury n’est pas votre bourreau. Vous avez le droit de lui parler normalement, de ne pas être d’accord avec lui, de dire que vous ne savez pas quelque chose.

Déroulé de l'épreuve

En tout, votre calvaire durera une heure et demie. Comptez une demi-heure en salle d’attente pendant laquelle vous pourrez bavarder avec les personnes qui, espérons, seront vos prochain.e.s camarades et collègues et qui patientent avec vous, refaire votre chignon et ajuster vos lunettes (votre costume de bibliothécaire), lire des BD, vous ronger les ongles, googler les membres de votre jury, relire vos fiches, faire diverses prières et salutations au soleil etc.

Au bout d’un moment qui vous paraîtra durer une éternité, une gentille dame ou un gentil monsieur viendra vous chercher. Il ou elle vous proposera de tirer un sujet au hasard et vous emmènera dans une pièce où vous pourrez découvrir votre sujet et en faire une brillante analyse. Il s’agit d’un texte d’une page maximum (souvent un article de presse). Vous aurez droit à une demi-heure, tous vos crayons de couleurs, une montre (pas de téléphone), votre bouteille d’eau et on vous fournira des feuilles de brouillon.

À l’issue de cette demi-heure, la gentille dame ou le gentil monsieur vous conduira devant le jury, vous serez installé.e à une table face à 18 yeux. Après les politesses de circonstance, la ou le président.e du jury vous rappellera les consignes de l’épreuve et vous proposera de présenter votre texte. Vous avez dix minutes précises pour présenter votre argumentaire, puis vingt minutes pendant lesquelles le jury vous posera des questions (conversation un peu inégale, nous en convenons, mais vous avez quand même la possibilité d’orienter la discussion). Il est d’usage que le jury vous pose d’abord des questions qui approfondissent le texte que vous avez commenté et les notions que vous avez abordé dans votre présentation, puis qu’il élargisse le spectre de ces questions mais si ça ne se passe pas exactement comme ça ne paniquez pas, ce n’est pas grave.

Jury ne se laissant pas avoir par le candidat essayant de bullshiter
Jury ne se laissant pas avoir par le candidat essayant de bullshiter

Préparer l'épreuve de CG

Votre meilleur atout contre le stress c’est votre préparation (et la respiration ventrale). À ce stade, il n’est plus nécessaire de faire des fiches. Il faut assumer l’état de vos connaissances sur le programme et orienter vos efforts dans deux directions : votre entraînement dans les conditions de l’épreuve, et votre suivi de l’actualité. On ne vous pardonnera pas un manquement à cette dernière et ce serait une erreur de vous enfermer pour relire tout Pierre Nora. Cependant nous n’insistons pas sur cet aspect car nous consacrons un article à la veille professionnelle et ce point y est évoqué.

 

Entraînement en temps réel

 

Nous vous conseillons moins des révisions qu’un véritable entraînement : en vous exerçant régulièrement, vous pouvez développer des automatismes sur lesquels vous appuyer et qui vous rassureront le jour de l’épreuve. Ne vous entraînez jamais en temps libre. Vous serez parfois tenté de vous dire qu’il ne vous suffit que de cinq minutes de plus pour que votre brouillon soit parfait ou bien que votre présentation en huit minutes tient la route et que « le jour du concours vous ferez autrement », c’est non. Le but de cet entraînement est autant de vous habituer à travailler en temps contraint que d’apprivoiser les contingences qui vous empêcheront de rendre un travail parfait.

 

  • Choisir des articles : préparez une série de textes que vous vous entraînerez à commenter. Pour cela vous pouvez aller puiser dans les annales du concours et compléter par des articles plus récents sur des sujets d’actualité. Choisissez des articles sur lesquels vous vous sentez à l’aise, d’autres qui vous laissent indifférent, d’autres enfin sur lesquels vous ne voudriez absolument pas tomber. Vous pouvez également demander à d’autres personnes de vous sélectionner des articles, c’est un bon moyen de sortir de sa zone de confort.
  • Réservez du temps : Même si c’est chronophage, nous vous conseillons de vous entraîner le plus possible en temps réel : c’est-à-dire en consacrant 30 minutes à votre brouillon et 10 minutes de présentation. Si vous en avez l’opportunité, demandez à vos proches de jouer le rôle de jury, et de vous poser des questions pendant 20 minutes suite à votre exposé.
  • Corrigez votre posture : En présentant votre texte face à jury (ou à défaut, en vous enregistrant ou vous regardant dans le miroir) vous aurez des retours sur certains aspects de votre présentation : parlez-vous trop ou pas assez fort, trop ou pas assez vite, avez-vous des tics de langage, vous tenez-vous trop raide ou trop avachi sur votre chaise ? Tous ces détails qui interpellent vos proches sont aussi susceptibles de faire mauvaise impression au jury, faites-y attention.
  • Orientez vos ultimes révisions : en s’exerçant sur des sujets brassant un large panel de thématiques, vous verrez rapidement apparaître les zones blanches de votre culture. Ces zones blanches constituent votre priorité si vous devez continuer vos révisions de culture générale. Si vous avez manqué de références sur des sujets d’actualité il est préférable de se concentrer sur ces derniers plutôt que de faire des fiches « abstraites ».

 

Méthodologie du commentaire

 

Nous vous proposons ici une méthode qui ne représente en rien la doxa du commentaire de texte. Si elle ne vous plaît pas vous pouvez vous référer à celle que nous décrivons dans l’article sur l’épreuve de motivation professionnelle ou à une des nombreuses méthodologies qui existent pour les épreuves de Grand Oral ou de commentaire de texte de culture générale.

 

Munitions

-          3 feuilles de brouillon

-          1 stylo noir et son remplaçant

-          4 crayons ou surligneurs de couleurs différentes

-          1 bouteille d’eau

-          1 paire de bouchons d’oreille

-      1 montre (de préférence à affichage digital) dont on a au préalable vérifié l’état des piles

 

Procédé

Lecture du document (5 minutes)

À moins que le texte soit vraiment court, vous n’aurez pas le temps de lire deux fois le texte dans son intégralité. Optimisez donc votre première et normalement seule lecture. Avant toute chose, munissez-vous de votre meilleur stylo noir et commencez par numéroter les lignes du texte : si jamais le jury fait référence à une ligne spécifique, vous serez rassurés de ne pas avoir à les compter, et c’est de toute façon une aide à votre prise de note.

Prenez connaissance du titre, de l’auteur ET DE LA DATE de l’article. Les articles sont le plus souvent issus de l’actualité mais rien n’interdit au jury d’aller chercher un texte datant de quelques années et lire la date avant de découvrir le texte vous permet de ne pas vous faire des idées anachroniques en lisant ce dernier. Si vous connaissez bien l’auteur ou le sujet, c’est très bien mais n’exultez pas trop : vous perdez du temps.

Jetez un coup d’œil à la structure du texte : repérez les différents paragraphes, lisez le chapeau et les intertitres, déterminez s’il s’agit d’un article dans son intégralité ou d’un extrait. Faites attention à la présence d’éléments paratextuels (une question en amont du texte, une note de bas de page, etc.). Grâce à ce survol vous devez déjà avoir une bonne idée de ce dont va parler le texte, votre lecture n’en sera que facilitée par la suite.

Vous pouvez commencer votre lecture en repérant les grandes idées du texte. Il n’y en a pas trois cents ni même dix ; contentez-vous d’en faire ressortir entre deux et quatre. Encadrez-les, et soulignez le cas échéant les éléments qui viendront nourrir ces idées forces.  Vous devrez faire également attention à deux points en particulier : les citations (renforcez les guillemets au stylo et soulignez deux fois le nom de leur auteur) et les éléments chiffrés (entourez-les), les premières pouvant vous desservir si dans votre hâte vous vous trompez dans leur paternité, les seconds sur lesquels il sera bienvenu de s’appuyer.

 

Élaboration du plan (20 minutes)

Après avoir pris connaissance du texte, vous devez élaborer une problématique et un plan. Comme vous êtes en temps très contraint, il faut que ces derniers reposent sur des automatismes : ce ne seront pas les problématiques et plans les plus intelligents de votre vie, mais ils auront le bénéfice d’être rapides à trouver et clairs à énoncer. Comment arriver à ce miracle ?

 

Votre objectif est de montrer au jury que vous savez mettre une situation en perspective, c’est-à-dire l’inscrire à la fois dans une histoire et dans une actualité, et que vous pouvez jeter un regard critique sur cette dernière et sur les diverses opinions qui existent à son sujet. Donnez-vous les moyens d’arriver à ces objectifs en orientant votre problématique dans ce sens. Pour cela posez-vous les questions suivantes :

  • Les grandes idées du texte ont-elles une unité logique ? ça devrait aller vite, vous les avez encadré dans le texte et leur unité se retrouve souvent dans le titre (mais il est bon de s’en assurer si ce n’est pas le cas ou si le titre est obscur).
  • Quelle est l’inscription historique de ce sujet ? Est-il abordé dans le texte ? Dans quelle mesure ?
  • Quelle est l’actualité du sujet ? Est-elle abordée dans le texte ? Dans quelle mesure ?
  • Quels sont les différents points de vue sur cette question ? Sont-ils tous présents dans le texte ? L’auteur prend-t-il position ? Dans quelle mesure ? Quelle est sa légitimité pour s’exprimer ?

Vos connaissances sur le sujet du texte vous permettront de mieux comprendre l’ancrage du texte et ses limites : est-il trop actuel, ne prend-t-il pas assez en compte des éléments du passé qui peuvent être importants pour comprendre une situation donné ? À l’inverse ne prend-il pas assez en compte les nouveaux enjeux du sujet ou bien a-t-il été rédigé avant que des changements importants ne l’affectent ? Ce sujet suscite-t-il des controverses ou des débats ? Qui sont les acteurs à se positionner sur cette question ? Quelle place est réservée à ces débats ? D’autres points de vue sont-ils exprimés etc. ?

Votre problématique fait ainsi la synthèse entre le sujet (en général) et le texte (qui traite le sujet sous un angle particulier) grâce à l’intermédiaire de vos connaissances, de vos idées et de votre personnalité.

 

À partir de cette problématique, vous pouvez dresser un plan en deux parties et deux sous parties qui va répondre à cette problématique. La première partie doit répondre à votre problématique sous l’angle : « Quel est l’intérêt de ce sujet en général ? » et la deuxième partie doit répondre à l’angle : « Pourquoi est-ce intéressant de me poser cette question aujourd’hui / à moi / dans le contexte de ce concours ? ».

Ce qui suit est une tentative de vous offrir des exemples de plan à partir de rien du tout, c’est un grand travail d’abstraction de la part de l’artiste, mais pas sûr que ces deux œuvres trouvent leur public. Tentative cependant :

 

Exemple 1 de plan pour un texte plutôt subjectif

 

I-  Quel est l’intérêt de ce sujet en général ?

1)   La situation donnée est celle-ci : elle comporte des enjeux des problèmes etc.

2)   Mais des bouleversements l’ont affectée : ces enjeux ces problèmes ont changé, ont disparu, sont apparus.

 

II- Pourquoi est-ce intéressant de me poser cette question, à moi en particulier?

3)   L’article donne un point de vue sur ces changements que je peux remettre en perspective

4)   Mais ce n’est qu’avec la prise en compte de telle autre opinion que nous pouvons vraiment comprendre le sujet.

 

Exemple 2 de plan pour un texte plutôt descriptif

 

I- Quel est l’intérêt de ce sujet en général ?

1)   La situation initiale est donnée : elle pose des problèmes, soulève des questions etc.

2)   Le débat classique se pose en ces termes

 

II- Pourquoi est-ce intéressant de me poser cette question aujourd’hui ?

3)   Des changements affectent fortement ce sujet et en modifient les enjeux

4)   Le débat se pose du coup en ces nouveaux termes

 

Ne cherchez pas à trouver des jolis titres pour vos parties : ça ne vous sert à rien (et vous n’avez pas le temps !). À la place, rédigez des phrases courtes, claires, élégantes qui serviront d’introduction ou de transition à vos propos. Si jamais vous vous embrouillez sur une partie de votre présentation, vous serez rassuré de pouvoir vous reposer sur une phrase écrite pour faire votre transition

Une fois que vous avez votre plan, vous devez le remplir. Nous vous proposons de prendre une feuille et de l’orienter en format paysage. Vous dresserez un tableau sur le modèle suivant.

Avant de remplir ce tableau, vous devez avoir en tête que chaque partie ne dure que deux minutes. Proposez donc une ou deux idées par partie mais pas plus. Ne rédigez rien dans votre tableau : quelques mots clés suffisent. Appuyez-vous sur l’article, il n’est pas simplement un prétexte et vous n’avez pas amené vos crayons de couleurs pour rien. Alors sortez ces derniers et attribuez une couleur à chacune de vos parties. Surlignez dans la bonne couleur les éléments du texte que vous avez déjà souligné ou encadré et qui vous semblent pertinent pour vos différentes parties. Il vous suffira ensuite de référer dans votre tableau le nom de la ligne pour retrouver l’information que vous voulez donner (idée, citation, chiffre etc.). Ne perdez pas de temps à la recopier. Enfin, étayez vos idées d’illustrations ou de nuances que vous pourrez puiser dans le texte ou en dehors. Faites-en sorte (c’est facile à dire) de diversifier vos exemples pour montrer à quel point vous êtes curieux et cultivé.

Il ne vous reste à peu près que 5 minutes, vous avez déjà votre texte souligné de différentes couleurs et votre plan détaillé dans lequel vous avez veillé à rédiger vos titres sous formes de transition.

 

Rédaction de l’introduction (5 minutes)

Cette dernière se décompose en quatre parties :

  • L’accroche : vous demander de trouver une accroche séduisante sans trop perdre de temps à y réfléchir ressemble un peu à une injonction contradictoire… mais c’est pourtant ce qui vous est demandé ! Voyez votre inspiration comme un muscle et considérez le fait que les mêmes thématiques finissent toujours par revenir : avec de l’entraînement vous améliorerez sans doute vos capacités à réussir cet exploit. Si néanmoins, vous ne trouvez rien de pertinent contentez-vous de poser le contexte de l’article et passez à la suite.
  • La « mise en énigme » : c’est la partie qui fait la transition avec votre accroche, le cas échéant, qui introduit votre problématique et qui flatte le jury. « Cet article est super intéressant, merci de me l’avoir donné, il pose plein de questions intéressantes et je suis moi-même super intéressant.e, écoutez-moi vous allez voir ». C’est ce que vous dites en substance dans ces quelques lignes où vous reprendrez les questions que vous vous êtes posées pour arriver à votre problématique et dont vous exposerez les éléments les plus saillants.
  • L’énoncé de la problématique : le jury va noter à peu près ce qu’il veut pendant votre présentation, mais s’il y a une phrase qu’il ne doit pas manquer, c’est celle-ci. Là encore facilitez-lui la vie. Passez à la ligne sur votre brouillon pour vous rappeler de marquer une courte pause à ce moment de votre lecture (oui dans cette méthode vous lisez votre introduction) et écrivez quelques mots d’introduction « c’est ainsi que j’en suis amené à poser la problématique suivante ». Cela vous semble lourd, mais ce n’est pas grave. Mieux vaut être lourd et certain d’avoir été bien compris. Repassez à la ligne, voire écrivez « PAUSE » entre crochet pour vous obliger à marquer un temps à nouveau. Laissez au jury le temps d’écrire votre problématique avant d’annoncer votre plan.
  • L’annonce du plan : Vous manquez de temps et vous avez déjà rédigé vos titres sous formes de phrases, ne vous encombrez pas à les réécrire sur cette partie. En revanche il peut être utile d’écrire « annonce de plan » sur son brouillon pour ne pas oublier de le faire !

 

Imaginez votre conclusion (quelques secondes volées à la montre)

Normalement vous n’avez plus le temps d’écrire une conclusion, mais si par miracle le jury a un peu de retard, exploitez chaque seconde de plus sur votre brouillon pour trouver une dernière idée à donner sous forme d’ouverture. Si vous n’avez pas le temps ce n’est pas grave : vous vous contenterez de conclure en disant relisant les titres de toutes vos parties et sous parties et les articulant dans une phrase. Ce sera déjà très bien et cela offrira au jury la preuve de votre esprit de synthèse.

 

La présentation orale (10 minutes)

Normalement, vous avez fait le plus difficile et le plus gros enjeu de votre présentation orale sera de maîtriser votre stress et de respecter le temps qu’il vous est imparti. Pour votre stress, il n’y a pas de solution magique mais votre préparation au brouillon vous donne quelques armes. Vous pouvez commencer votre présentation en lisant votre introduction, ça vous permettra de vous lancer et de vous rassurer en constatant que vous tenez des propos sensés et clairs. Si vous perdez totalement pied pendant une partie, ne dépensez pas trop de temps à essayer de vous en sortir. Arrêtez-vous, prenez le temps de respirer et annoncez que vous passez à la partie suivante en lisant votre transition. Ce n’est pas grave.

Pour respecter vos dix minutes de présentation, il faut garder un œil sur votre montre du début à la fin de votre exposé. Si vous êtes trop long ou trop court sur une partie, ce n’est pas grave, mais il au moins faut s’en être rendu compte pour pouvoir ajuster le reste de votre présentation.

Notez sur un bout de votre feuille l’heure à laquelle vous démarrez et lancez vous ! Comptez 1 minute, 1 minute 30 maximum pour l’introduction, 2 minutes pour chaque sous-partie (transitions comprises), et une vingtaine de secondes pour la conclusion. Ça ne fait pas exactement 10 minutes, parce qu’il vous faut comptabiliser le fait que vous aurez parfois envie de vous taire une seconde, de respirer etc. Si jamais vous venez à manquer de temps, synthétisez la fin de votre présentation en disant clairement vos titres de parties et en évoquant seulement vos exemples. Le jury pourrait profiter de la conversation qui suit pour vous poser des questions dessus.

 

La conversation (20 minutes)

Le jury va ensuite vous remercier pour votre exposé et vous poser des questions sur ce qu’il veut. Néanmoins, il est d’usage qu’il vous interroge sur la thématique du sujet, ou qu’il vous fasse expliciter une de vos idées, pour s’assurer de votre compréhension du texte et de la solidité de vos arguments. C’est la raison pour laquelle c’est une très mauvaise idée de dire dans votre exposé « comme l’écrivait Jean-Jacques Rousseau », si vous ne connaissez pas bien ce dernier ! Il pourra ensuite vous poser des questions dans un cadre plus général.

 

Pour vous entraîner à la conversation nous vous proposons trois conseils :

 

Pendant vos jurys blancs, accordez de l’importance aux questions auxquelles vous ne savez pas répondre. Ce n’est pas parce que c’est une épreuve blanche que vous devez balayer d’un revers de la main les questions qui vous posent problème. Au contraire, apprenez à maîtriser le temps de réflexion que vous aurez peut-être besoin de demander. Apprenez à dire « je ne sais pas » sans vous mettre à paniquer, demandez à reformuler la question, rebondissez sur un sujet qui vous est plus familier etc. Ces réactions doivent s’apprivoiser et plus vous y aurez prêté attention pendant votre entraînement mieux vous serez susceptible de le gérer le jour du concours.

 

Formulez intelligemment votre opinion : vous avez le droit d’avoir un avis sur les débats de société, et cet avis n’est pas forcément le même que les membres du jury. Attention cependant, sachez que vous vous exposez à devoir défendre ce dernier et qu’on s’attendra à ce que vous ayez des arguments convaincants. Evitez-de vous contredire, si le jury vous pousse dans vos retranchements. Face à une question que vous jugez sensible, ou lorsqu’on vous demande expressément votre avis, prenez toujours le temps de montrer que vous connaissez les enjeux, en exposant d’abord la situation et les différentes forces qui s’opposent (succinctement), puis donnez votre position.

 

Prenez du temps si vous en avez besoin : vous ne pouvez pas vous accorder dix minutes pour chaque question, mais on n’attend pas non plus de vous que vous répondiez du tac au tac. Si une question vous paraît nécessiter une réponse construite, prenez le temps d’y réfléchir quelques secondes avant de prendre la parole. De la même façon, si vous sentez le stress monter, vous avez le droit de prendre quelques secondes pour respirer profondément avant de donner votre réponse (même si cette dernière se révèle être « je ne sais plus, je l’avais sur le bout de la langue »).

 

Bonnes révisions et bon courage à tous !

Jury épuisé d'avoir entendu tout et n'importe quoi pendant un temps cumulé de 12 heures d'épreuves (soyez gentils avec lui)
Jury épuisé d'avoir entendu tout et n'importe quoi pendant un temps cumulé de 12 heures d'épreuves (soyez gentils avec lui)

Cette fiche a été rédigée par Lydia Belmekki, élève conservatrice territoriale de bibliothèques de la promotion Gerda Taro et Robert Capa - août 2017

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