L'entretien sur la motivation professionnelle

L’oral de Motivation Professionnelle

Ça y est, les résultats d’admissibilité du concours de conservateur.trice sont tombés, et vous avez eu la joie de voir votre nom dans la liste des admissibles. Félicitations ! Vous venez de passer une barrière difficile, vous pouvez en être fier. Malheureusement, l’heure n’est pas encore au repos du guerrier. Car cette réussite vous a ouvert l’accès à la deuxième partie du concours : les épreuves orales. Parmi elles, l’entretien sur la motivation professionnelle, une épreuve qui peut se révéler assez nébuleuse lorsqu’on la passe pour la première fois. Pas de panique, voici quelques éléments pour comprendre en quoi consiste cet oral et pour le préparer au mieux.

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L’oral de Motivation Professionnelle : cadrage de l’épreuve

Sur le site du CNFPT, vous pouvez télécharger les éléments réglementaires de cadrage de l’entretien de motivation. Le libellé exact décrit cette épreuve comme un « entretien avec le jury portant sur la motivation professionnelle débutant par le commentaire d’un texte relatif à une situation professionnelle, hors contexte des bibliothèques. (Préparation : 30 mn ; durée : 30 minutes, dont commentaire : 10 minutes maximum, entretien : 20 minutes minimum ; coefficient 4). Il n’y a pas de programme officiel. » pour les externes, et comme un « entretien avec le jury sur la motivation professionnelle, débutant par le commentaire d'un texte relatif à une situation professionnelle. Le jury s'appuiera également sur le dossier fourni par le candidat lors de   l'inscription,   pour   la   reconnaissance   des   acquis   de   l'expérience   professionnelle   antérieure (préparation  :  trente  minutes  ;  durée  de  l'épreuve  :  trente  minutes  ;  dont  commentaire  :  dix  minutes maximum ; entretien : vingt minutes minimum ; coefficient 4). Cette épreuve ne comporte pas de programme réglementaire » pour les internes.

 

Pour avoir une idée du type d’articles qui ont été proposés aux candidats des sessions précédentes, vous pouvez consulter les rapports des jurys qui vous donneront des exemples.

Le jury

Pour cette épreuve comme pour l’oral de culture générale, vous serez face à un jury composé de neuf personnes :

  • 3 élus locaux
  • 3 fonctionnaires territoriaux (qui ne relèvent pas forcément de la filière culturelle)
  • 3 personnalités qualifiées (qui sont sélectionnées pour leur connaissance des bibliothèques et de leurs enjeux).

La composition de ce jury est disponible sur le site du CNFPT. Et nous vous conseillons vivement de prendre le temps de faire une rapide recherche sur chacun des membres. Qui sont-ils ? Quels sont leurs parcours professionnels ? Quels projets d’envergure ont-ils élaboré ? Quelles causes politiques leur tiennent à cœur ? Quelles sont les grands enjeux de leur collectivité de tutelle ? Car s’ils sont impliqués dans des domaines précis, il est possible que cela se transforme en question lors de votre oral. Attention cependant à garder votre point de vue et votre personnalité. Cette capacité va être testée pendant l’entretien.

 

Autre élément important à avoir à l’esprit en ce qui concerne le jury : pendant quelques jours, ces personnes vont enchaîner les entretiens, et voir défiler des dizaines de candidats à la suite. Comme tout être humain, ils vont être soumis à la fatigue, surtout si vous passez en fin de journée ou en fin de session. Ainsi, ils apprécieront particulièrement la clarté de vos propos et un certain dynamisme.

 

Le jour de l’épreuve, l’entrée dans la salle a de quoi impressionner. Vous serez donc face à neuf personnes installées en U. Même pour les personnes les plus à l’aise à l’oral, il y a de quoi se sentir déstabilisé. Acceptez donc le stress comme partie prenante de l’épreuve. Vous avez la voix qui tremble et les jambes en coton ? C’est normal, et les autres candidats n’en mènent pas plus large que vous. Par contre, ne cédez pas à la panique, même en cas d’erreur. L’important sera de ne pas perdre pied.

 

Candidat découvrant le jury lors de son entrée en salle (via GIPHY)

 

Avant de passer à l’épreuve à proprement parler, nous proposons pour les internes un focus sur la préparation du dossier RAEP.

Bonus spécial pour les internes : le dossier RAEP

À peine passée la joie des résultats, les admissibles internes doivent tout de suite plancher sur leur dossier RAEP (pour « Reconnaissance des Acquis de l’Expérience Professionnelle »). Il doit être remis quelques semaines après les résultats (avant le 7 août pour la session 2017). Concrètement, ce dossier reprend les grandes lignes de ce que l’on pourrait indiquer dans son CV (état civil, formation initiale et continue, expérience professionnelle), mais sous une forme codifiée et différente de celle que l’on attend habituellement d’un CV. Le document à remplir est à télécharger sur le site du CNFPT, où vous trouverez également un Guide d’aide au remplissage.

 

Bien. Mais une fois tout ça en main, on fait quoi ?

 

Tout d’abord, il s’agit de bien comprendre l’intérêt de ce dossier. En effet, il ne s’agit pas d’un complément, mais d’un élément à part entière de l’épreuve de motivation. Les informations présentées ici rentreront en ligne de compte dans votre note finale ; il faut donc bien réfléchir au contenu de ce dossier.

 

Concrètement, le jour de l’épreuve, les jurés l’auront sous les yeux et pourront le feuilleter ou s’y référer pendant l’entretien. Il faut donc également soigner la forme du document. La présentation doit être suffisamment claire pour qu’ils puissent s’y retrouver en un clin d’œil. N’hésitez donc pas à jouer sur la taille des colonnes, à user des sauts de lignes, des éléments de mise en forme (gras, italique, souligné) afin que le résultat soit le plus lisible possible. Attention cependant : le jury peut choisir de vous interroger sur des points de ce dossier pendant l’épreuve, ou pas. Il n’y a pas de règle à ce sujet ; le jury est souverain.

 

Ceci étant posé, que faut-il mettre exactement dans ces quelques pages ?

 

Ce dossier doit convaincre les jurés que le parcours que vous avez suivi jusqu’ici vous amène naturellement à briguer un poste de conservateur.trice. Les volets « Formation initiale » et « Situation administrative » laissent peu de place à la stratégie. En revanche, ceux sur « l’Expérience professionnelle » et la « Formation continue » méritent un peu de réflexion. La question centrale que vous devez vous poser est la suivante : quels sont les éléments de mon parcours qui prouvent que j’ai les compétences ou le potentiel pour être conservateur.trice ?

 

Pour y répondre au mieux, munissez-vous de votre CV. Prenez un temps pour réfléchir en détail aux postes que vous avez occupés jusqu’ici, aux tâches que vous avez effectuées, aux projets que vous avez portés ou auxquels vous avez participé. Si vous avez un livret individuel de formation à jour, c’est le moment de le sortir. Sinon, prenez également un temps pour retrouver la trace à peu près exhaustive des formations et journées d’étude que vous avez suivies. N’oubliez pas vos responsabilités associatives, surtout si elles s’exercent dans le cadre d’une association professionnelle.

 

Candidat se débarrassant de ses notes après rédaction du dossier RAEP (via GIPHY).

 

Une fois cette masse d’information réunie, il va falloir sélectionner ce que vous allez faire figurer dans le dossier.

 

Vous êtes déjà responsable d’établissement, vous avez dirigé des équipes, mené des projets d’envergure, ouvert des bibliothèques ou coordonné des réseaux ? Votre expérience parle pour vous, pensez surtout à bien la mettre en valeur. Ne minimisez pas vos actions, pensez à mentionner des éléments chiffrés (budgets gérés, nombre de personnes encadrées). Si votre parcours est très vaste, mettez l’accent sur les projets dont vous êtes le plus fier, ceux sur lesquels vous souhaitez que le jury vous interroge. Mais ne cachez pas vos échecs non plus : une question du jury sur un projet avorté peut se révéler bénéfique si vous savez montrer que vous avez pu en tirer des enseignements et rebondir.

 

Vous n’avez jamais exercé de grande responsabilité, jamais encadré d’équipe, et vous avez peur que ce soit un frein à votre réussite ? Rassurez-vous ! Après tout, beaucoup de candidats externes n’ont pas d’expérience d’encadrement non plus, et le jury les estime quand même légitimes pour devenir conservateur.trice.s. Cherchez parmi les éléments de votre parcours ceux qui pourraient relever des fonctions d’un cadre A+. Vous gérez des collections : mentionnez les budgets qui vous sont attribués. Vous participez à des projets transversaux, des groupes de travail ? Indiquez-les comme autant de preuve de votre implication professionnelle et de votre capacité à fonctionner en mode projet. Vous courez de formation en journée d’étude ? Boostez cette partie du dossier qui montre votre attachement à votre métier et votre capacité à vous tenir au courant des évolutions. Mais attention, là encore, soyez stratège : la formation sur la politique documentaire aura plus de poids que celle sur la lecture d’album, aussi passionnante soit-elle.

 

L’épreuve proprement dite : La préparation du commentaire de texte

Certains articles sélectionnés pour le commentaire de texte sont arides voire expéditifs, impliquant une lecture rapide mais le risque de peiner à trouver matière à commentaire. D’autres sont assez longs et denses, impliquant une lecture plus longue mais une plus grande matière pour alimenter le commentaire. Veillez à vous entraîner sur différents types de documents et différentes sources. Ne vous entraînez pas sur des sujets qui vous intéressent forcément, quitte à demander à quelqu’un d’autre de choisir des articles sur internet pour vous.

 

La Gazette des Communes, le site Localtis, la Lettre du Cadre, les revues Management ou Challenge sont de bonnes sources où puiser des textes. Plus généralement, tout article commentant une situation professionnelle ou la législation liée au travail, dans le secteur public principalement, mais pas uniquement, peut être pertinent.

 

Balisez-vous des matinées ou des après-midi pendant lesquels vous pourrez faire des simulations (30 minutes de préparation + 10 minutes de présentation + une pause entre chaque), sans être interrompu dans votre préparation et votre présentation. Si vous avez la possibilité d’enchaîner des simulations c’est encore mieux. Le jour J ressemble à un saut d’obstacles : les oraux se succèdent parfois rapidement et cela peut vous aider à travailler votre endurance. Préparez-vous une pile d’articles préimprimés, soit pris dans la liste du rapport du jury précédent, soit sélectionnés par un tiers. Tirez-en un au sort : c’est exactement ce qui vous arrivera le jour J, et, comme pour la dissertation, il vous faut faire le deuil du sujet parfait.

 

Voici une proposition de méthode pour la préparation du commentaire de texte. Elle n’est pas la seule méthode qui existe, et une autre méthode est présentée dans l’article sur l’oral de Culture Générale. Vous pouvez tester ces deux façons de faire et voir laquelle vous convient, ou les combiner. L’essentiel est de gagner en efficacité.

 

Pour la préparation, prenez cinq feuilles :

  • une pour prendre des notes en vrac,
  • une pour travailler le plan et la problématique,
  • une pour rédiger quelques lignes d’introduction,
  • une pour rédiger un plan détaillé,
  •  une pour rédiger quelques lignes de conclusion.

 Vous ne vous servirez que des trois dernières pendant l’oral.

 

Pour les premiers entraînements, vous pouvez vous préparer un petit récapitulatif du temps à accorder aux différentes étapes décrites ci-après.

 

Puis lancez le chronomètre de 30 minutes.

 

1. En quelques secondes : rédigez le nom de l’auteur, le titre de l’article et de la publication. Il vous faudra les présenter en introduction. Si vous pouvez déjà associer quelques idées pour situer la publication ou l’auteur dans le champ éditorial, cela pourra alimenter votre introduction ou votre réflexion.

 

2. 5 à 10 minutes (en fonction de la longueur du texte) : effectuez une lecture active en listant les éléments saillants de votre document (questions/réflexions posées, éléments faisant débat, dates et chiffres clés, références implicites ou explicites).

 

3. 5 minutes : à partir de ces éléments vous pouvez composer votre problématique. Pour ce faire, nous vous renvoyons à notre article sur la dissertation. Comme pour la dissertation, vous devez répondre à la question que vous posez, grâce à votre argumentation. Attention : il ne s’agit pas de faire un commentaire fidèle de toutes les thématiques abordées dans le texte, ni de converger systématiquement avec le point de vue exprimé dans le texte. Il s’agit de prendre de la hauteur par rapport au texte, mais de rester en phase avec le sujet proposé en dialoguant avec le point de vue de l’auteur. Le texte est un prétexte qui va vous permettre de discuter sur une problématique plus générale. Une fois cette thématique forte identifiée et problématisée, donnez-en votre lecture personnelle.

 

4. 10 minutes : commencez un plan détaillé. Préparez deux ou trois parties composées de six à huit arguments, assortis d’un exemple à chaque fois. Ces exemples doivent être choisis avec équilibre : il s’agit d’en tirer certains du texte (que vous pourrez compléter au besoin), et certains de votre culture personnelle, comme pour la dissertation. Attention, il est facile de tomber dans l’imprécision à l’oral, par exemple en laissant des phrases en suspens. Les références que vous mobilisez doivent être les plus précises possibles. Il y a fort à parier que si elles intéressent le jury, celui-ci vous sollicitera sur ces sujets, il faut donc bien les maîtriser. Ainsi, ne cherchez pas non plus à être trop exhaustif dans la présentation de ces références en mentionnant des détails qui n’ont pas de rapport avec le sujet. Si le jury vous sollicite sur le sujet, vous aurez l’occasion de creuser la question.

 

5. 5 minutes : rédigez quelques phrases d’introduction et quelques phrases de conclusion. Vous devez entrer dans la salle en sachant quels mots vous allez utiliser pour débuter et clôturer votre présentation. Ceci vous permet de vous lancer avec plus d’aisance. L’introduction doit comporter quelques éléments incontournables :

  • Accroche, si elle n’est ni poussive, ni « tarte à la crème » ; sinon, vous pouvez commencer par une formule plus classique : "Le texte que je vais vous présenter ici..."
  • Contextualisation de l’article (au-delà du rappel du titre, de l’auteur, de la date et de la publication, il s’agit de montrer que vous situez le texte dans une actualité ou dans son contexte historique).
  • Problématique.
  • Annonce de plan.

Comme pour la dissertation, vous devrez formuler dans la conclusion une réponse claire à la problématique annoncée et vous ouvrirez vers d’autres réflexions, ou ferez le lien avec d’autres sujets.

 

Votre chrono sonne. Les 30 minutes sont écoulées.

 

Votre meilleur ami pour préparer l’entretien de motivation (via GIPHY)

 

Si vous n’avez pas terminé, ne serait-ce que votre plan, lancez-vous quand même dans la présentation. Même si vous sentez que ça ne tiendra pas la route, allez jusqu’au bout de l’exercice, cela sera formateur : vous allez découvrir l’improvisateur.trice qui est en vous.

La présentation du commentaire : 10 minutes

L’idéal est de pouvoir faire la présentation à voix haute : vous allez pouvoir évaluer votre élocution, vous entraîner à articuler et à parler avec une voix qui porte, et vous allez pouvoir constater qu’il y aura parfois un écart entre ce que vous aviez prévu de dire, et ce que vous dites en présentation. Une idée claire sur le papier peut paraître plus complexe à exposer à l’oral.

 

Pour avoir une voix qui porte, tenez-vous droit et regardez le point le plus loin de la salle. Il s’agit également de ne pas contracter sa gorge (comme lorsqu’on crie), mais de se servir de sa cage thoracique pour faire caisse de résonance (comme quand on fait “la grosse voix”). Sur Internet, on trouve quelques astuces, notamment des journalistes radio et des professeurs, pour éviter une fatigue des cordes vocales et maîtriser sa respiration pour une prise de parole en public. En voici un exemple, mais n'hésitez pas à aller en chercher d'autres.

Cela vous permettra de mieux respirer et de mieux contrôler les tremblements de la voix liés au stress.

 

Lancez votre chrono pour dix minutes. Déroulez votre présentation en imaginant le jury en face de vous. Oui, le stress monte, c’est l’occasion de l’apprivoiser. Essayez de ne pas lire vos notes. Mesurez votre débit : ne parlez pas trop vite, jouez avec l’intonation pour rythmer votre présentation en appuyant sur certains mots qui capteront leur attention. Posez vos mains sur la table et évitez de trop les agiter si vous parlez avez les mains habituellement. Plaquez bien vos pieds sur le sol, pour éviter de faire trembler votre jambe. Cela vous aidera aussi à vous tenir droit.

 

Si possible, faites quelques fois cet exercice devant témoins, ils seront à même de noter ces détails de posture et autres tics de langage (donc, euh, etc.).

 

Petite anecdote, lors de l’un des oraux, l’une des auteures de ce texte a oublié d’annoncer son plan ! Lorsqu’elle s’en est rendu compte, alors qu’elle débutait sa deuxième partie elle l’a énoncé en guise de transition. Si ce n’est pas quelque chose à reproduire, il faut noter que cela a été apprécié du jury : lorsque vous voyez que vous prenez une mauvaise piste, ou que vous vous emmêlez les pinceaux, autorisez-vous un temps de respiration pour reprendre la maîtrise de votre argumentation. Restez le plus zen possible : rien n’est jamais perdu, vous pourrez vous rattraper pendant cet oral ou un autre.

 

Concernant le temps de la présentation, les textes de cadrage restent assez vagues (« moins de dix minutes »). Mais dans la pratique, certains jurys vous pénaliseront pour une présentation qu’ils jugent trop courte (7 à 8 minutes). A l’inverse, une présentation trop longue vous fait courir le risque d’être interrompu (et donc fortement déstabilisé pour la suite de l’entretien) ou de vexer le jury (que vous privez d’une partie de son temps de questions). Dans le doute, mieux vaut s’entraîner à calibrer votre présentation pour atteindre 9 à 10 minutes le jour de l’épreuve.

 

Pendant l’entraînement, ne vous découragez pas si vous avez fait trop court ou trop long. Ces derniers ont pour objectif de vous faire prendre la mesure du temps. Petit à petit vous saurez doser votre débit et le nombre d’arguments que vous pouvez développer. De même, ce n’est pas parce que vous faites 10 minutes du premier coup qu’il faut arrêter l’entraînement : encore une fois il faut vous tester sur des articles de longueurs et de qualités variées.

La conversation avec le jury : tenir le fil de la discussion

Le jury démarre généralement en rebondissant sur le texte en approfondissant des références que vous avez esquissées, en vous donnant l’opportunité d’affiner ou de rectifier certains points si nécessaire ou en testant votre cohérence sur votre prise de position qui doit être mesurée, sensée, argumentée et solide. En ce sens c’est véritablement une conversation. Si notre promotion a eu l’impression que le jury avait été bienveillant de façon constante, d’autres ont eu l’expérience d’un jury testant leur patience et leur réaction face à des questions très incisives, donc préparez-vous à l’éventualité d’être bousculé.e. Les questions autour de la thématique du texte peuvent se croiser avec des questions sur des thématiques différentes, à une cadence plus ou moins forte. Ne paniquez pas et prenez le temps de répondre à chacune d’entre elles en regardant le jury. N’hésitez pas à prendre quelques secondes avant de répondre, le temps de bien comprendre la question et d’organiser votre réponse. Proposez des réponses développées de quelques phrases, sans trop mobiliser la parole, lorsque vous êtes en mesure de le faire. Ne pas savoir répondre à certaines questions est normal, le tout est de ne pas perdre son sang-froid, de ne pas se déprécier et ni se contredire. Si vous sentez que vous êtes en train de perdre pied, prenez le temps d’une respiration en essayant de vous concentrer sur les questions et non sur la situation : oubliez-vous.

 

 Rester calme face à l’adversité : le vrai défi du candidat à l’entretien de motivation professionnelle (via GIPHY).

La conversation avec le jury : construire son positionnement professionnel

Pendant les entretiens avec le jury, vous devez montrer votre positionnement professionnel. Il faut arriver à l’oral en se sentant légitime, pas trop écrasé par le jury qui est là pour vous rencontrer, souriant si c’est votre nature, sans être nonchalant. Vous devez vous-même vous considérer comme un.e conservateur.trice dès votre entrée dans la salle.

 

Le jury attend des positionnements étayés. Il ne s’agit pas forcément que cela converge avec leur point de vue personnel, mais que ce soit un positionnement qui corresponde à une bonne connaissance de la réalité du métier. En ce sens, particulièrement pour les candidats externes, le jury attend une bonne connaissance du travail des élus et des tutelles dans la fonction publique territoriale. Aussi voici l’un de nos conseils les plus précieux pour la préparation de l’oral de motivation professionnelle : allez rencontrer autant de conservateurs.trices en poste que possible, d’âges différents, aux déroulés de carrière différents, sur des postes différents (direction, direction adjointe, responsables de secteurs,...), dans des collectivités différentes (intercommunalités, municipalités, départements,...). Posez-leur des questions sur leur quotidien, sur leur motivation, sur leurs grands chantiers en cours. Profitez-en en pour analyser les organigrammes dans cette collectivité, et la place des bibliothèques dans chacune. Chacun.e des conservateurs.trices aura sa vision du métier, et, au-delà de l’apport personnel en termes de motivation, cela vous permettra d’avoir une vision complexe et complète du métier, et cela se ressentira dans vos réponses au jury. Vous pourrez aussi déterminer les orientations managériales et bibliothéconomiques qui vous correspondent a priori.

 

Le milieu des bibliothèques est un milieu très accueillant en général, alors osez démarcher des directrices et directeurs de bibliothèques, elles et ils seront en général heureux de partager leur vision du métier.

 

Il s’agit d’être très au point sur le positionnement d’un cadre A+ en collectivité territoriale, vis-à-vis de la tutelle administrative et politique. Une bonne connaissance de l’organisation des collectivités territoriales, de leur cadre légal et des grands enjeux actuels de la Fonction Publique Territoriale sont évidemment indispensables.

 

Vous devez impérativement vous poser la question suivante : « pourquoi est-ce que je veux réussir ce concours » ? Pourquoi conservateur.trice et non pas bibliothécaire ? Pourquoi la fonction publique territoriale et pas celle d’Etat ? Qu’est-ce qui vous pousse à vouloir prendre en charge ce type de responsabilités ? Est-ce la continuité de ce que vous avez fait jusqu’ici, ou une volonté récente d’évolution ? Y-a-t-il eu un déclic ? Plus vous serez au clair avec vos motivations, plus vous aurez de chance de convaincre le jury de votre légitimité. Pensez bien à la dimension du rapport aux élus, qui sera un élément déterminant pour votre crédibilité.

Les questions qui nous ont été posées

Sur le document ci-dessous, nous avons listé certaines des questions qui ont été posées aux candidats en 2016, ceci vous donnera un aperçu de la variété des thématiques de conversations, mais aussi des récurrences.

 

Nous souhaitons bonne chance à tous les candidats, et bon courage pour l’été de préparation qui s’annonce !

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