Portrait de conservatrice : Julie Peugeot (Ville de Vénissieux)

Tableau "Le Parasol" de Francisco de Goya
"Le Parasol" de Francisco de Goya (1777). Source : Wikimedia Commons CC0.

Julie Peugeot dirigeait les médiathèques de la ville de Vénissieux et occupe désormais un poste de conseillère auprès du DGS de la même collectivité. Diplômée de l'Enssib et l'INET en 2010 (promotion Pierre Desproges), elle a pu apporter sa pierre à l'édifice des bibliothèques ; c'est désormais à une échelle plus vaste qu'elle apporte ses compétences de conservatrice et s vision de la culture, des collectivités, des territoires. Avant de partir auprès du DGS, elle accepté de répondre à nos questions.

 

  •  Pouvez-vous présenter votre parcours ?

 

Après Sciences Po et un DEA en Histoire contemporaine à Strasbourg, j’ai commencé une thèse sur un poste de recherche et d’enseignement mais je me suis rapidement rendue compte que la recherche, ce n’était pas pour moi. J’avais vraiment besoin d’être en contact avec un territoire, des publics. J’ai donc passé le concours de conservateur, et j’ai effectué ma scolarité à l’Enssib/INET.

 

Mon premier poste, c’était la direction du réseau de lecture publique de La Seyne-sur-Mer où je suis restée deux ans. J’ai ensuite pris la direction du réseau de lecture publique de Vénissieux que je viens de quitter après six ans pour un poste de chargée de mission auprès du DGS de la même collectivité. J’avais en effet envie d’élargir mon champ d’action à d’autres politiques publiques que celle de la culture.

 

  • C’est quoi pour vous la bibliothèque de vos rêves ?

 

Une bibliothèque ouverte à tous, où tout le monde trouve ce dont il a besoin et envie : une bibliothèque avec un taux de 100% de fréquentation !

 

  •  Quelle est selon vous la (les) qualité(s) majeure(s) d’un conservateur ?

 

Ce qui me vient d’abord à l’esprit, ce sont les compétences managériales qui sont vraiment indispensables pour l’exercice de cette fonction. Le conservateur doit être à l’écoute des équipes, des publics, des élus, et naviguer entre les contraintes de toutes ces parties. Un conservateur doit-il être innovant ? Je pense qu’il lui faut surtout un bon sens très solide pour juger les réalités d’une situation et mener les projets en fonction du contexte.

 

  • Y a-t-il des choses que vous avez changées dans votre manière de travailler au cours de votre carrière ?

 

Beaucoup de choses en fait. En règle générale, l’expérience m’a fait évoluer de l’idéal, de la théorie, vers une approche plus pratique, plus pragmatique.

 

J’ai appris à donner systématiquement du sens à mes actions : par exemple, le projet de service me paraît aujourd’hui une étape incontournable pour que les équipes puissent participer à construire et s’approprier le but de leurs actions.

 

J’ai aussi appris à m’affirmer en tant que manager : prendre et assumer des décisions qui ne sont pas forcément populaires, c’est quelque chose qui n’est pas évident en début de carrière.

 

  • Quelle est votre source de satisfaction au travail ? Quel est votre meilleur souvenir dans le cadre de votre profession ?

 

Ce qui me satisfait, c’est de rendre un vrai service à la population, d’avoir une utilité. Diriger un réseau de lecture publique, c’est aider à porter un projet politique, un idéal qui nous dépasse individuellement.

 

Pour ce qui est de mon meilleur souvenir professionnel, c’est très clairement le développement des actions hors-les-murs et la remise en service du bibliobus à La Seyne-sur-Mer : aller à la rencontre des gens, apporter le service public aux gens là où ils sont, c’était vraiment très enrichissant.

 

  •  Qu’est-ce qui vous semble important dans la formation d’un conservateur territorial de bibliothèque ?

 

Comme je l’ai déjà dit, le management, c’est vraiment la base pour un conservateur, il doit donc figurer en bonne place parmi les enseignements proposés aux élèves, tout comme la gestion d’établissement, qui concentre également beaucoup d’efforts au quotidien. Il me semble que ces aspects sont aujourd’hui mieux pris en compte dans la formation des conservateurs que de mon temps.

 

Parmi les atouts de la formation à l’INET, je compte aussi les stages, nombreux et plutôt longs, et la construction d’un réseau professionnel, non seulement avec d’autres professionnels des bibliothèques mais aussi avec des ingénieurs et des administrateurs qui sont les futurs collègues du conservateur. Tout cela permet de nouer des liens et d’apprendre à connaître le contexte territorial, ce qui est très précieux par la suite.

 

  • Si vous étiez une œuvre d’art, laquelle seriez-vous ?

 

C’est très difficile, mais je dirais que je serais un tableau de Goya, pour le lien profond qui unit l’artiste à son époque.

 

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